|
En 1992/1993 quelques wagons tombereaux ont été sommairement aménagés
pour une utilisation comme ballastière : les planches des parois d’extrémité
ont été enlevées, des profilés légers en U ont été boulonnés sur
chaque montant d’angle de la caisse pour permettre d’y faire coulisser
des planches.
Le déchargement se fait
donc en bout, à la pelle et avec une reprise pour la partie du chargement
au milieu du wagon car trop éloignée des extrémités pour la décharger
en un jet de pelle. Plusieurs centaines de tonnes de ballast ont été
ainsi déchargées malgré l’extrême pénibilité de ce travail.
Aussi l’idée de gagner « de la peine et du temps » a conduit à
imaginer une adaptation plus lourde d’un tombereau en ballastière selon
les principes suivants :
- faire très simple c’est à dire se limiter à des travaux de
charronnage et exclure toute construction de mécanisme commandant des
trappes
- permettre néanmoins « l’auto-déchargement » d’une bonne partie
du ballast
- réaliser le fond en tôle épaisse pour permettre un pelletage facile
C’est le tombereau Gv 5631 équipé du frein à vide qui a été choisi
; ce wagon est la tête de la série 5631 à 5650 construite par De
Dietrich en 1906. Les travaux préliminaires ont consisté en :
- démontage du plancher et des planches de parois
- coupe de tous les montants de caisse à 600 mm de hauteur
- démontage des organes de choc et de traction pour remise en état
- démontage du cylindre de frein à vide pour contrôle et échange de
joints
- dégripper les timoneries de frein et pose de boyaux de frein neufs
- dérouillage général du châssis et peinture.
A ce stade le Gv 5631 nous
a avoué se sentir déjà beaucoup mieux avec toute cette graisse
combattant son arthrose (oui il y a un « père la graisse » aux VFV !)
et cette peinture dont il avait été privé depuis plus de 40 ans (son
dernier levage).
Ensuite les travaux de construction de la nouvelle caisse ont démarré ;
pour cela environ 1 tonne de tôle et profilé a été approvisionnée
(1035 kg exactement), la partie bois est l’ancien plancher d’un
couvert SNCF dit « Standard » (livré par les USA après guerre) démoli
à Lyon en 1997 ; enfin 200 boulons bois à ergot tête fraisée plate à
120° diamètre 10 mm longueur 60 (ouf !) ont été « dénichés », ce
type de boulons typique du charronnage n’étant pratiquement plus
fabriqué.
Les caractéristiques de cette construction se décrivent ainsi :
- le plancher a été limité en largeur au niveau des brancards de
châssis soit 1,5 m environ ; il est réalisé en sapin d’épaisseur 40
mm ; les appuis en bois de l’ancien plancher ont été remplacés par
des profilés métalliques ; le plancher n’a été reconstruit que sur
une longueur de 1,75m au centre et 1,5m aux extrémités ; une tôle de
4mm soudée sur les cornières bordant le plancher a ensuite été posée
- le montage des parois latérales et transversales a permis de réaliser
3 « cases » : 1 centrale et 1 à chaque extrémité ; toutes les parois
sont inclinées, celles de côté ont été réalisées en tôle de 3 mm ;
elles partent des brancards de châssis et s’appuient sur une lisse
latérale (profilé en U) soudée sur les montants coupés à 600mm ; la
paroi de la case centrale est munie de 2 ouvertures par coté, celles
d'extrémité d'une seule; dans chaque ouverture -550mm de large-
coulissent 2 planches en bois dur ferrées à leurs extrémités ; il a
été estimé que compte tenu du serrage exercé par le poids du ballast
une seule planche n’aurait pas été manœuvrable facilement à la main
; la partie supérieure de ces ouvertures est fermée par une tôle
soudée ; ces ouvertures permettent alors de faire tomber le ballast dans
l’espace compris entre les brancards de châssis et l’extérieur du
wagon ; des goulottes métalliques fixes guident le ballast vers les
extrémités de traverses.
Ainsi aménagée la
ballastière emporte ses 10 tonnes de ballast dont un bon tiers se
décharge tout seul ; le reste est facilement poussé vers les ouvertures.
Son baptême du feu a eu lieu en avril 2000 lors de la reconstruction des
2 voies de Dunières PLM.
Au sein de l’association
elle est appelée « ballasteuse système Trébua-Regnarg » mais on ne
sait pas bien pourquoi, certains affirmant qu’il s’agit d’un type de
ballastière ainsi dénommé aux chemins de fer militaires du nom de ses
concepteurs vers les années 1890. Des ballastières de ce type auraient
été utilisées lors de la construction de chemins de fer militaires dans
les anciennes colonies .
Les photos montrent les différentes étapes de la construction de la « Trébua-Regnarg
»
|