Description :  Il mesure 11,36 mètre et pèse à vide 8 tonnes. Monté sur un boggie moteur et un porteur il est équipé d’un moteur Willème 4 cylindres de 90 CV. Il comporte 32 places assises.

Essai d’un autorail BILLARD
(Christophe DENEGRIS)

Le 313 qui inaugura le 16 08 1970 le train touristique entre Dunières et Saint-Agrève a repris du service en 2001 après 5 années de travail soit environ 2500 heures de travail bénévole. 

Ce qui plait d’entrée sur un tel engin est sa sympathique bouille toute en rondeurs car aucun angle vif ne vient rompre l’harmonie des lignes, même le radiateur se trouve confiné en retrait de la carrosserie et souligné d’une vitre ouvrante en forme de demie-lune.
L’autorail repose sur deux bogies entre lesquels le plancher surbaissé permet un accès aisé. De part et d’autre un tampon central surmonté d’un unique phare vient terminer la silhouette rondouillarde de l’engin.

L’accès des voyageurs se fait par deux grandes portes et dès l’entrée, on est conquis par un espace loin d’être vaste mais largement éclairé par les nombreuses vitres.
Un petit coin est réservé au conducteur à coté duquel peuvent s’asseoir deux personnes.


L'équipe

On vient de décrire ici les places les plus prisées. Les 13 banquettes de simili cuir vert, dont la plus-part sont en vis-à-vis, permettent associées aux 4 strapontins d’embarquer 32 personnes.
De l’autre coté une paroi métallique sépare les voyageurs du local technique : ici l’ambiance change littéralement. On marche sur de grandes plaques de métal résonnant sous nos pas et l’on découvre un poste de conduite spartiate emprisonné entre la paroi et le moteur.
Une fois en place, assis sur un simple tabouret, le conducteur peut apercevoir l’intégralité de la voie se trouvant devant lui grâce aux nombreuses vitres triangulaires.
Le pupitre comporte le strict minimum : à savoir les manomètres de frein, les boutons d’éclairage, un voyant jauge à combustible, un bouton d’avertisseur, un bouton de frein électromagnétique de secours et le démarreur. Le frein à vis est représenté par un imposant volant d’acier qui peut également servir de rampe d’appui.
A pied se trouvent les pédales d’embrayage et d’accélérateur et les 3 leviers des 5 vitesses.
Le moteur démarre lentement laissant entendre un son de claquement caractéristique puis en chauffant se régularise et prend son rythme de croisière.
Nous voici enfin prêts à partir, un appui sur le bouton d’avertisseur sonore lance la séquence du deux tons, la première est engagée et une petite poussée sur l’accélérateur permet à l’autorail de se mouvoir. La montée en vitesse se fait progressivement dans une souplesse extraordinaire . Le petit autorail affronte les rampes vellaves en 3ème s’inscrit parfaitement dans les enchaînements de courbes et contres courbes. Les voyageurs profitent de l’arrière panoramique.
Les arrêts sont effectués à l’aide du robinet de frein qui, placé sous le pupitre, est difficile d’accès mais se révèle d’une incroyable précision et le convoi s’arrête comme il est parti c’est à dire tout en douceur.
Des générations de conducteurs ont eu le privilège de prendre en main de tels engins et plus de 60 après sa construction, l’autorail 313 procure toujours autant de plaisirs alors c’est avec passion que je dis :

« Merci Monsieur BILLARD ».
 


L'épave